Esad, St-Etienne, France
Journée d’étude
2026
“Il était une fois un tas de gravats à l'endroit même où se trouvait le numéro 18 de la rue des Rochettes. Avec ses versants nord et ouest, comme n'importe quelle montagne sur Terre baignée par la lumière du soleil.Avec un poids moyen par mètre cube compris entre 0,6 et 0,8 tonne, comme c'est habituellement le cas pour ce type de gravats dits « inertes ». Avec son angle de frottement interne et son angle de repos, c’est-à-dire l’angle maximal possible pour la pente d’un ensemble de ce matériau granulaire.
Le tas de gravats se dresse à l'endroit même où se trouvait autrefois un bâtiment ayant appartenu à la Compagnie des Houllières du Bassin de la Loire, et dans lequel des membres des familles de mineurs ayant travaillé pour cette compagnie habitaient encore en 2021.
C'était notamment le cas de Mme. Chapriski, que le Collectif Topotrope avait rencontrée quelques mois avant son décès.
Mme. Chapriski nous a raconté à cette occasion que, lorsqu’elle était jeune, elle avait dû, un matin de bonne heure, se rendre à pied de La Ricamarie au Pertuis pour aller chercher un sac de pommes de terre. Le même jour, dans l’après-midi, alors qu’elle se rendait au cinéma à Saint-Étienne avec des amies, elle fut rattrapée par quelqu’un qui lui annonça que son frère, victime d’un accident à la mine, était décédé.
Le tas de gravats se dresse à l'endroit même où se trouvait autrefois un bâtiment ayant appartenu à la Compagnie des Houllières du Bassin de la Loire, et dans lequel des membres des familles de mineurs ayant travaillé pour cette compagnie habitaient encore en 2021.
C'était notamment le cas de Mme. Chapriski, que le Collectif Topotrope avait rencontrée quelques mois avant son décès.
Mme. Chapriski nous a raconté à cette occasion que, lorsqu’elle était jeune, elle avait dû, un matin de bonne heure, se rendre à pied de La Ricamarie au Pertuis pour aller chercher un sac de pommes de terre. Le même jour, dans l’après-midi, alors qu’elle se rendait au cinéma à Saint-Étienne avec des amies, elle fut rattrapée par quelqu’un qui lui annonça que son frère, victime d’un accident à la mine, était décédé.
(Rochers, Pierres & Cailloux
journée d’étude de l’unité de recherche Design & Création de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne
︎ Rochers, Pierres & Cailloux
C’est à partir de ce moment-là que Mme. Chapriski a commencé à travailler pour la Compagnie des Houillères de la Loire, car les familles de mineurs bénéficiaient d'un logement fourni par la compagnie tant qu'au moins un membre de la famille travaillait à la mine.
Ce récit nous a permis d'entrevoir le mode de vie qu'avait mené cette femme forte et courageuse, et de percevoir le fossé entre la couleur noire de la matière à l'origine de l'activité extractive et la riche palette d'expériences qui tissait le quotidien des familles de mineurs. Le fossé entre la matière et la vie, essentiellement néguentropique. Sauf que cette matière extraite ici, dans le bassin de Saint-Étienne, le charbon, était de la matière végétale, de la vie, il y a trois cents millions d’années.
Un paradoxe ? Un manque de recul nécessaire pour appréhender le monde minéral ? Un manque de recul suffisant pour comprendre le temps ?
Et que dire du fossé entre la matière minérale et la matière produite par l’industrie humaine ?
Un fossé qui apparaît clairement lorsque l’on contemple l’aspect extérieur du béton coulé pour créer une forme, cette matière grise qui uniformise notre monde, et que l’on compare à la palette de couleurs et de textures variées que présentent les fragments (galets, graviers et sables) qui le composent et qui nous racontent des histoires tissées d’origine et de déplacement, de formation et d’érosion.
Récits sur la Terre en tant que véritable organisme vivant à part entière.
Dans ce tas de décombres broyés du numéro 18 de la rue des Rochettes, nous avons récupéré des fragments, nous les avons simplifiés tout en respectant leur forme et nous les avons polis pour mettre en valeur leur palette chromatique.
Nous avons intitulé « Chapriski Point » cette tragi-comédie de fragments de béton polis.”
(Avec le soutien du ministère de la Culture, DRAC Auvergne Rhône-Alpes)
journée d’étude de l’unité de recherche Design & Création de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne
︎ Rochers, Pierres & Cailloux
C’est à partir de ce moment-là que Mme. Chapriski a commencé à travailler pour la Compagnie des Houillères de la Loire, car les familles de mineurs bénéficiaient d'un logement fourni par la compagnie tant qu'au moins un membre de la famille travaillait à la mine.
Ce récit nous a permis d'entrevoir le mode de vie qu'avait mené cette femme forte et courageuse, et de percevoir le fossé entre la couleur noire de la matière à l'origine de l'activité extractive et la riche palette d'expériences qui tissait le quotidien des familles de mineurs. Le fossé entre la matière et la vie, essentiellement néguentropique. Sauf que cette matière extraite ici, dans le bassin de Saint-Étienne, le charbon, était de la matière végétale, de la vie, il y a trois cents millions d’années.
Un paradoxe ? Un manque de recul nécessaire pour appréhender le monde minéral ? Un manque de recul suffisant pour comprendre le temps ?
Et que dire du fossé entre la matière minérale et la matière produite par l’industrie humaine ?
Un fossé qui apparaît clairement lorsque l’on contemple l’aspect extérieur du béton coulé pour créer une forme, cette matière grise qui uniformise notre monde, et que l’on compare à la palette de couleurs et de textures variées que présentent les fragments (galets, graviers et sables) qui le composent et qui nous racontent des histoires tissées d’origine et de déplacement, de formation et d’érosion.
Récits sur la Terre en tant que véritable organisme vivant à part entière.
Dans ce tas de décombres broyés du numéro 18 de la rue des Rochettes, nous avons récupéré des fragments, nous les avons simplifiés tout en respectant leur forme et nous les avons polis pour mettre en valeur leur palette chromatique.
Nous avons intitulé « Chapriski Point » cette tragi-comédie de fragments de béton polis.”
(Avec le soutien du ministère de la Culture, DRAC Auvergne Rhône-Alpes)